Très Haut débit : la « 4G fixe » (TD-LTE) fait ses premiers pas officiels

Très Haut débit : la « 4G fixe » (TD-LTE) fait ses premiers pas officiels

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Poussées par le gouvernement et le régulateur, les technologies hertziennes visant à offrir du très haut débit sur les territoires non denses commencent à devenir palpables. Partant du principe qu’une France fibrée à 100% en 2022 est un horizon impossible à atteindre, l’idée est bien de continuer à miser sur la 4G ou le satellite pour apporter du THD dans ces zones. Rappelons que l’objectif officiel est d’offrir à tous les foyers une connexion minimale de 8 Mb/s en 2020 et de 30 Mb/s en 2022.

 

Le déploiement à deux vitesses est un fait. D’ailleurs, la notion de mix technologique a très vite émergée : associer le FTTH à d’autres technos hertziennes ou satellitaires pour les zones les moins denses en guise de transition voire de remplacement. 

Depuis quelques mois, c’est bien la 4G fixe qui est sur toutes les bouches. Plusieurs opérateurs s’agitent, expliquant haut et fort que cette approche est bien moins coûteuse que la fibre tout en apportant une connectivité satisfaisante.

L’Idate estime qu’1,3 million de locaux pourraient être concernés. « Selon nos projections, en 2022, 50% des connexions seront en FTTH, 35% en VDSL2/FTTN (Fiber To The Neighbourhood) et les 15% restant en LTE ou satellite », avance Antoine Darodes, directeur de l’Agence du Numérique. 

Reste que le hertzien, notamment la 4G fixe, n’est pas la panacée.  Cette technologie hertzienne ne pourra pas être déployée partout, notamment dans les régions montagneuses ou boisées, et elle offre un débit souvent inférieur à 30 Mb/s (le seuil pour parler de très haut débit au sens de l’Arcep). Par ailleurs, il faut savoir de quoi on parle car comme il y a « fibre et fibre », il y a « 4G fixe et 4G fixe ».

« On peut se dire que le THD par boucle locale radio TD-LTE, ce n’est pas de la 4G, on peut parler de RTTH par exemple (Radio to the home). Il faut être clair dès le départ pour ne pas générer de déceptions, on parle bien de technologie hertzienne », explique Sébastien Soriano, président de l’Arcep. Pour ceux qui s’en souviennent, ce RTTH est finalement une évolution technologique du WiMax qui n’a jamais vraiment décollé en France.

Traduction, cette approche est différente de la « 4G mobile dédiée au fixe » telle qu’elle est aujourd’hui proposée par BouyguesTel, SFR avec leurs 4G box dans quelques zones mal couvertes en DSL (encore faut-il avoir une bonne 4G). « Ces acteurs exploitent une technologie mobile et mutualisée basées sur leurs capacités excédentaires. Les débits pratiques seront donc bas voire limités en data », nous expliquait Philippe Le Grand, Vice-Président de NomoTech, un acteuir positionné sur le THD radio. « Nous pensons que ces offres auront du mal à prendre à cause de leurs contraintes ».

La boucle locale radio TD/LTE est nativement fixe et s’appuie sur un réseau dédié, avec des sites dédiés, ce qui fait toute la différence notamment en termes de débits stables. Mais pour cette solution se généralise, il faut libérer des fréquences. C’est désormais chose faite puisque le Gouvernement et l’ARCEP ont ouvert un guichet pour l’attribution de la bande de fréquence 3410-3460 MHz.  

Une première autorisation a été délivrée à la société Sem@for77 en Seine-et-Marne qui utilisera ces fréquences pour moderniser le réseau d’accès à Internet hertzien d’initiative publique porté par le syndicat mixte Seine-et-Marne Numérique. Elles permettront à Seine et Marne Numérique et Sem@for77 de fournir dès 2018 du très haut débit à 142 communes qui n’en disposent pas actuellement.

L’Arcep poursuit l’instruction des autres dossiers de demande de fréquences qui ont été déposés au guichet THD radio et qui concernent 5 départements. 

Divers acteurs locaux ou régionaux sont d’ores et déjà positionnés sur le très haut débit radio. Il y a NomoTech qui exploite la marque Ozone ou encore WeAccess, un autre acteur historique de l’accès radio et qui a déjà des licences provisoires en Seine-Maritime et dans le Loiret. 

« L’ouverture de la bande de fréquence 3410-3460 MHz permet de contourner la question de la puissance jusqu’à aujourd’hui limitée via la bande des 5 Ghz utilisée jusqu’à présent », souligne François Hedin, p-dg de WeAccess. Le responsable souligne également le rôle des collectivités dans les déploiements car cette 4G fixe dédiée ciblera d’abord les RIP. « Le modèle, c’est le co-financement avec les collectivités », poursuit-il. 

Les offres sont déjà prêtes. Chez Ozone, elles seront facturés de 30 à 35 euros par mois avec un débit pratique de 30 Mb/s en download et 3 à 5 Mb/s en upload. Nomotech assure que le débit sera garanti. Seule contrainte pour le foyer, la box (49 euros) doit être associée à une petite antenne à installer sur le pignon de la maison. Ces frais d’installation sont pris en charge. 

WeAccess propose quant à lui un forfait triple-play à 27,90 euros par mois avec 30 Mb/s de débit en illimité. « Nous visons 6 à 10.000 abonnés par département où nous serons présents, soit une dizaine », annonce François Hedin.  

Reste la question de la pérennité. Pour Antoine Darodes, la 4G fixe est « limitée » mais peut faire office d’offre transitoire. Mais on le sait, le transitoire peut vite devenir définitif… Par ailleurs, il faut répéter que cette approche ne conviendra pas à toutes les topologies. Selon l’Idate, même en mettant l’accent sur la 4G, il restera en 2022 1,3 million de locaux non couverts par la 4G. Le satellite sera-t-il la solution pour les autres ? 

Une perspective qui n’enchante guerre Laure de la Raudière, députée LR activiste dans les télécoms qui lance, passablement agacée : « Le très haut débit, ce n’est pas la radio ou le satellite mais la fibre optique. A l’arrivée, avec ce mix technologique, on ne fera que prendre du retard face aux usages. Il faut la même expérience pour tous les concitoyens. L’impatience est à son comble mais un THD à plusieurs vitesses ne fera que renforcer les inégalités numériques du territoire. ».

Surtout que le THD est désormais perçu comme un accès à 1 Gb/s au niveau européen. « Comment la 4G peut-elle s’articuler avec ce plan ? », s’interroge alors Antoine Darodes. Bref, si cette 4G fixe peut boucher quelques trous, elle ne pourra à elle seule prendre le relais de la fibre, buzz ou pas.

Sécurité,doc dsi

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May 29, 2018 at 02:21PM