Noël a été une période faste en cadeaux « connectés » ! quels sont les dangers pour vos enfants ?

Noël a été une période faste en cadeaux « connectés » !

Voici quelques conseils présentés de façon didactique : Un guide pour faire du shopping pour les cadeaux connectés plus sûr, plus facile et bien plus amusant  et quelques conseils pour protéger vos enfants. Outre le les hackers qui peuvent pirater vos jouets, il y a des dangers plus prosaïques : les radiofréquence, l’usage des écrans, la lumière bleu … vous êtes vous demandé ce que cela pouvait engendrer chez vos enfants ?

L’Anses a publié en juillet 2016 une expertise relative à l’exposition des enfants aux radiofréquences et ses effets potentiels sur leur santé.

Dans ses conclusions, l’Agence souligne que les enfants  peuvent être plus exposés que les adultes en raison de leurs spécificités morphologiques et anatomiques, et notamment de leur petite taille, ainsi que des caractéristiques de certains de leurs tissus. Elle émet une série de recommandations visant à adapter les valeurs limites réglementaires afin de réduire l’exposition des enfants aux champs électromagnétiques, qui commence dès leur plus jeune âge du fait de l’expansion de l’usage des nouvelles technologies. L’Anses recommande dans ce contexte un usage modéré et encadré des technologies de communication sans-fil par les enfants.

L’Anses a été saisie par les pouvoirs publics afin de savoir si les dispositions réglementaires actuellement en vigueur pour la mise sur le marché des appareils radioélectriques à destination des enfants, sont suffisamment protectrices en matière de santé et de sécurité vis-à-vis des enfants de moins de six ans.  Un pré-rapport avait fait l’objet d’une consultation publique sur le site Internet de l’Agence du 9 juin au 21 août 2015, visant à recueillir les commentaires des parties prenantes intéressées. L’Agence publie ce jour son avis sur cette question ainsi que le rapport définitif, après analyse par ses experts de l’ensemble des commentaires reçus de la part de la communauté scientifique et des parties prenantes intéressées.

Des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être

Les travaux d’expertise menés par l’Agence sur la base des données actuelles issues de la littérature scientifique internationale ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets des radiofréquences chez l’enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur mâle et femelle, le système immunitaire et la toxicité systémique, ni d’effets cancérogènes ou tératogènes.

En revanche, l’Agence conclut à un effet possible de l’exposition aux radiofréquences sur le bien-être des enfants et leurs fonctions cognitives (mémoire, fonctions exécutives, attention). Les effets observés sur le bien-être pourraient toutefois davantage être liés à l’usage des téléphones mobiles  plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent.

Des enfants exposés de plus en plus tôt aux champs électromagnétiques radiofréquences

Les données disponibles sur l’exposition montrent une forte expansion de l’usage des nouvelles technologies sans-fil, notamment chez les très jeunes enfants. La multiplicité et la diversité des lieux fréquentés par les enfants engendrent de multiples situations d’expositions, alors même que les usages des dispositifs radioélectriques (tablettes tactiles, jouets connectés, etc.) évoluent rapidement. Les enfants possèdent en outre leur propre téléphone mobile de plus en plus précocement.

Par ailleurs, à la différence des générations précédentes, les enfants sont aujourd’hui exposés, pour la plupart, à de multiples sources de radiofréquences dès leur plus jeune âge et même potentiellement dès la phase de développement in utero. Au-delà, les travaux d’expertise ont mis en évidence que les enfants pouvaient être plus exposés que les adultes, en raison de leur petite taille, de leurs spécificités morphologiques et anatomiques et des caractéristiques de certains de leurs tissus.

Les recommandations de l’Agence

Sur la base des résultats de l’expertise, l’Agence recommande de faire évoluer la règlementation :

  • pour que l’ensemble des dispositifs radioélectriques, et notamment ceux destinés aux enfants (tablettes tactiles, veille-bébés, jouets connectés, etc.), soient soumis aux mêmes obligations réglementaires en matière de contrôle des niveaux d’exposition et d’information du public que celles encadrant les téléphones mobiles ;
  • afin que le respect des valeurs limites d’exposition réglementaires soit assuré, quels que soient les dispositifs émetteurs mobiles utilisés, selon des conditions raisonnablement prévisibles d’utilisation (par exemple positionnement au contact du corps).

Il lui apparaît également nécessaire :

  • les niveaux de référence visant à limiter l’exposition environnementale aux champs électromagnétiques radiofréquences soient reconsidérés, afin d’assurer des marges de sécurité suffisamment grandes pour protéger la santé et la sécurité de la population générale, et particulièrement celles des enfants ;
  • de réévaluer la pertinence du débit d’absorption spécifique (DAS) utilisé pour l’établissement des valeurs limites d’exposition des personnes, à des fins de protection contre les effets sanitaires connus et avérés (effets thermiques) des radiofréquences, et de développer un indicateur représentatif de l’exposition réelle des utilisateurs de téléphones mobiles, quelles que soient les conditions d’utilisation : signal utilisé, bonne ou mauvaise réception, mode d’usage (appel, chargement de données, etc.).

Concernant spécifiquement les téléphones mobiles, l’Anses rappelle sa recommandation, déjà formulée, invitant à réduire l’exposition des enfants, en préconisant un usage modéré et en privilégiant le recours au kit mains-libres.

Enfin, l’expertise a permis d’identifier plusieurs études mettant en évidence une association entre un usage intensif et inadéquat du téléphone mobile par des jeunes et une santé mentale affectée (comportements à risque, dépression, idées suicidaires, etc.). Ces études ne permettent cependant pas d’explorer la causalité des associations observées.

L’Anses recommande que des études complémentaires évaluent l’impact sanitaire et psychosocial (apprentissage scolaire, relations sociales et familiales, etc.) chez les enfants lié à l’usage des technologies de communication mobile, en raison notamment de phénomènes addictifs, de troubles des rythmes circadiens, etc. Dans l’attente de ces résultats, l’Agence recommande aux parents d’inciter leurs enfants à un usage raisonnable du téléphone mobile, en évitant les communications nocturnes et en limitant la fréquence et la durée des appels.

source : https://www.anses.fr/fr/content/exposition-des-enfants-aux-radiofr%C3%A9quences-pour-un-usage-mod%C3%A9r%C3%A9-et-encadr%C3%A9-des-technologies

Apprendre à s’en servir, apprendre à s’en passer

Quel parent ne s’est pas demandé à quel âge laisser son jeune enfant utiliser une tablette, quelles limites poser à la consommation de télévision ou encore quand autoriser la fréquentation des réseaux sociaux ?

Les balises 3-6-9-12 sont conçues pour répondre à ces questions, et aussi à beaucoup d’autres ! Quatre repères les structurent : 3 ans, l’entrée en maternelle ; 6 ans, l’entrée en CP ; 8-9 ans, l’âge où l’enfant maîtrise en principe la lecture et l’écriture ; et enfin le passage au collège à 11 ans, bientôt suivi par l’adolescence. Un fil rouge les réunit : aucun écran n’est mauvais en soi, tout dépend du moment et de la façon de les introduire dans la vie de l’enfant, exactement comme on le fait en diététique pour les aliments.

Aujourd’hui, la campagne 3-6-9-12 commence à être connue non seulement en France, mais aussi à l’étranger. En novembre 2013,Serge Tisseron a reçu à Washington un Award du Family Online Safety Institute (FOSI), au titre de contribution majeure à une bonne utilisation des outils numériques dans les familles.

Mais ces balises ne sont évidemment pas définitives, car les technologies évoluent et leurs usages aussi. Leur objectif n’est pas d’expliquer à chacun « ce qu’il faut faire », mais de dire haut et fort : « il faut en parler ». D’où l’idée de les faire connaître sous la forme d’affiches afin que les écrans deviennent un objet de débat public. Partout où l’affiche 3-6-9-12 est installée, des parents la regardent, en parlent, échangent leur point de vue, créent du lien, et c’est exactement ce qui est recherché.

Serge Tisseron

Psychiatre, membre de l’Académie des Technologies, docteur en psychologie habilité à diriger des recherches en Sciences Humaines Cliniques, chercheur associé à l’Université Paris VII Denis Diderot. Site :  https://sergetisseron.com/3-6-9-12

A compléter par : L’enfant et les écrans, la conférence-débat

Retrouvons l’avis d’un expert dans un domaine très sensible pour les parents, à savoir la sécurité des jouets connectés.

Avis d’expert par Pete Turner, Consumer Security Expert chez Avast

Selon IDC, le marché des accessoires électroniques connectés, aussi appelés « wearables », devrait doubler d’ici à 2021, pour atteindre les 222,3 millions d’objets vendus. Pas de surprise donc si le Père Noël a déposé des jouets connectés au pied du sapin, aussi bien pour les grands que pour les petits, qui en sont de plus en plus friands. Peluches, robots, poupées ou encore jeux de société, ils sont en effet très attractifs grâce à l’interaction et l’aspect ludique qu’ils offrent. Cependant, ils ne sont pas sans risque si leur cybersécurité n’est pas considérée sérieusement, comme le rappelle régulièrement la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et notamment récemment avec la poupée Cayla et le robot I-QUE.

Selon Pete Turner, Consumer Security Expert chez Avast, les parents doivent redoubler d’attention avec les jouets connectés et prendre conscience des risques associés pour leurs enfants, en termes de sécurité en ligne :

« Tous les objets connectés peuvent être détournés par les hackers. Ces derniers sont alors à même de les contrôler, et donc d’espionner et de communiquer avec les plus jeunes. Cette menace peut cependant être évitée en respectant quelques règles clés et principes simples, parmi lesquels :

Des paramètres de confidentialité à connaître
La première étape consiste à se familiariser avec l’objet et ses paramètres de confidentialité, de même que vous le faites déjà probablement avant d’utiliser un réseau social, ou lors de l’acquisition d’un nouveau téléphone mobile. Les parents sont invités en outre à faire participer l’enfant afin qu’il comprenne l’importance de la sécurité en ligne. Une éducation dès le plus jeune âge sur ces sujets les rendra plus conscients des bonnes pratiques à avoir à l’avenir pour être protégés.

Les identifiants forts
Si le jouet est vendu avec des identifiants par défaut, il faut les changer avant toute utilisation. Ces nouveaux mots de passe doivent comporter des chiffres, des lettres ainsi que des symboles. Les enfants seront peut-être amenés à le redemander avant chaque utilisation, mais c’est un mal pour un bien. Des mots de passe forts réduisent en effet considérablement le risque qu’une personne malveillante parvienne à les surveiller, à interagir avec eux, ou encore à récupérer des informations sensibles les concernant.

Une connexion sécurisée
Les jouets connectés nécessitent le Wi-Fi pour fonctionner, et parfois un smartphone pour le contrôler via le Bluetooth. Il est donc primordial de s’assurer que ces connexions sont sécurisées, surtout si l’appareil peut stocker les données de géolocalisation. Concernant le Bluetooth, le minimum en termes de cybersécurité est d’instaurer une étape de vérification lorsqu’il s’appaire au jouet. Quant au Wi-Fi, les réseaux publics sont une mine d’or pour les hackers. Déployer une solution qui surveillera les niveaux de sécurité de la connexion est donc essentiel. Le Wi-Fi domestique doit également être sécurisé via le plus récent routeur proposé par l’opérateur, dont les identifiants par défaut seront eux aussi à remplacer par des identifiants forts.

Cayla

Une solution de sécurité
La plupart des attaques qui visent les objets intelligents réussissent pour deux raisons : soit l’utilisateur n’a pas mis à jour le logiciel de l’appareil, soit le fabricant n’a pas proposé de patchs pour remédier aux failles de sécurité. Il est donc conseillé de mettre en place une solution capable d’identifier l’appareil responsable, de bloquer les malwares et les spywares, ainsi que de détecter les vulnérabilités au sein du réseau Wi-Fi. Enfin, dès qu’une tentative d’attaque se produit, il est recommandé de vérifier si une mise à jour du logiciel est disponible afin de corriger la faille immédiatement.

Un dialogue par et pour tous
Les familles doivent discuter avec l’ensemble de leurs membres, des plus petits aux plus grands, afin d’échanger sur les comportements à privilégier avec les jouets connectés. En parcourant les procédures d’installation de solutions de sécurité et en expliquant comment jouer à l’abri des menaces, chacun comprend ce qu’il faut faire ou, au contraire, éviter. Dans un premier temps, il est important que les parents gardent un œil sur l’enfant lorsqu’il se sert d’un nouvel objet connecté. Il pourra en profiter seul lorsqu’il aura bien compris les principes de sécurité nécessaires à sa protection. Cela devrait l’inciter à adopter rapidement les bonnes pratiques.

Prendre le temps de se renseigner et de comprendre comment sécuriser tous ces objets, puis l’expliquer à ses enfants, voilà la clé d’un terrain de jeu protégé. Ils pourront alors appliquer leurs nouvelles connaissances en cybersécurité lorsqu’ils utilisent des jouets connectés à internet dès leur plus jeune âge, ou encore des smartphones, les tablettes ou encore les ordinateurs en grandissant. Les personnes malveillantes ne pourront alors plus profiter de leur manque de vigilance ! »

source : https://www.generation-nt.com/securite-objets-jouets-connectes-actualite-1949547.html