Doctolib inaugure son « HealthTech Center » et met le cap sur la téléconsultation

L’inauguration a eu lieu en présence du secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

Le centre de recherche en e-santé qui s’étend sur 1.000 m², rue de Monceau (VIIIème arrondissement) à deux pas du siège parisien de l’entreprise, compte déjà 100 ingénieurs qui vont "créer les outils du cabinet et de l’hôpital du futur pour dégager du temps médical au médecin pour fluidifier le parcours de soins des patients", a expliqué le patron de la société.

"Aujourd’hui, nous le savons, l’hôpital est en souffrance et il faut essayer de l’aider, il ne faut pas attendre 10 ou 20 ans pour le transformer. Dans les cabinets, les professionnels utilisent encore des outils d’un autre temps. A eux aussi, il faut donner les moyens de se transformer", a-t-il expliqué.

Concrètement, ces ingénieurs dont le nombre devrait être porté à 150 "d’ici fin 2019", devront plancher sur "l’interopérabilité des données de santé détenues par les médecins dans les cabinets et les hôpitaux pour faciliter la transmission de ces informations à travers tous les logiciels utilisés par les professionnels de santé", a précisé Philippe Vimard, directeur technique du centre de recherche de Doctolib.

"Vous êtes la traduction commerciale de ce que nous [le gouvernement, NDLR] essayons de porter dans la transformation du système de santé parce que notre philosophie n’est pas de faire à la place des acteurs mais de créer un contexte favorable à l’émergence d’offres innovantes", a déclaré le secrétaire d’Etat chargé du numérique devant les salariés de la société.

Par ailleurs, ce HealthTech Center va aussi plancher sur le développement du dernier-né des services de Doctolib, consacré à la téléconsultation.

La téléconsultation, "le prolongement naturel de Doctolib"

Créé fin 2013, Doctolib développe à la fois une plateforme de prise de rendez-vous médicaux en ligne et un logiciel de gestion de la patientèle pour les professionnels de santé libéraux (au prix fixe de 109 euros par mois). Leader de son secteur en France et en Allemagne, la société, qui a annoncé le rachat de son concurrent MonDocteur en juillet dernier, connaît une phase de croissance exponentielle.

Alors que la téléconsultation est remboursée par l’assurance maladie depuis le 15 septembre, Doctolib va proposer ce service à partir du 1er janvier 2019 à ses "20 millions de patients utilisateurs et 60.000 professionnels de santé", a annoncé le fondateur de la société.

Intégré à la plateforme en ligne de Doctolib, le service sera "d’abord testé auprès de 500 praticiens partenaires", avant d’être étendu à tous les professionnels de santé utilisateurs. "C’est un prolongement naturel de Doctolib, la téléconsultation est une évidence pour les professionnels qui vont pouvoir améliorer la prise en charge de leurs patients", a souligné Stanislas Niox-Chateau.

Le patron de Doctolib a également assuré que son nouveau service va "respecter les principes définis par l’assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux" pour être éligible au remboursement. "La téléconsultation ne sera proposée qu’aux patients déjà connus des praticiens, qui les auront vu dans les 12 derniers mois en consultation présentielle et après être passés par le médecin traitant", a-t-il précisé.

Ces annonces de Doctolib interviennent une semaine après la présentation de la stratégie "Ma santé 2022", dévoilée le 18 septembre par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. Ils ont notamment évoqué un "bouquet de services numériques intégrés" à destination des professionnels. Ce bouquet doit aussi leur permettre d’accéder à un service de prise de rendez-vous en ligne, comme celui proposé par Doctolib, dont les pouvoirs publics entendent "systématiser" l’usage.

"Notre souhait n’est pas de créer un bouquet monopolistique, avec un service imposé partout parce qu’à chaque fois que l’Etat a voulu faire cela, il a perturbé l’innovation. C’est très important de permettre qu’il y ait des concurrents pour stimuler l’innovation", a précisé Mounir Mahjoubi, interrogé par TICsanté sur la possibilité de voir Doctolib devenir le service désigné par les pouvoirs publics pour la prise de rendez-vous médicaux en ligne.

source : TecHopital October 3, 2018 at 09:44PM